Amiens s'est reconstruite après 1945 sur un sous-sol crayeux qui masque des hétérogénéités héritées des vallées de la Somme et de l'Avre. Les alluvions tourbeuses et les poches de dissolution dans la craie sénonienne créent des contrastes de rigidité que les bureaux d'études sous-estiment souvent. La conception d'isolation sismique à la base devient alors un levier technique majeur: elle découple la superstructure des mouvements du sol et réduit les accélérations transmises aux éléments non structuraux. Le zonage sismique place Amiens en zone 2 (aléa faible) selon le décret 2010-1255, mais les effets de site liés aux remplissages alluviaux imposent une vérification rigoureuse via l'essai CPT pour caler le module de cisaillement Gmax avant toute modélisation dynamique. L'équipe dimensionne des isolateurs élastomères et des appuis à glissement conformes à la NF EN 15129, avec un contrôle de déplacement sous séisme majoré.
Isoler en pied de structure à Amiens, c'est neutraliser l'effet de site des alluvions sur une craie au comportement sismique mal connu.